
Alors je me suis dis que c'était un beau moment. Un de ces moments
que l'on ne souçonne pas. Au creux d'une note je me suis dis que cet
instant est doux. Lovée comme cela et sentir le temps. celui qui s'écoule
et s'étend. Savoir qu'il y en a encore beaucoup. Qu'on a qu'à choisir que
plus, pour avoir plus. Qu'il n'y a pas d'heure, pas de rendez-vous. Je ne
bouge pas, j'entends le souffle, celui qui ne m'appartient pas. Je m'étire
doucement. Le soleil mangé par la pluie depuis trois jours est là juste
derrière le rideau. Et puis de toutes façons la pluie autour d'un rond
ça fait un soleil. Je me lève. J'ouvre la fenêtre. Il fait plus chaud dehors.
Dehors c'est un toit. Avec un escalier sur la droite qui ne mène à rien.
Du moins pas à loin. Mais qu'importe puisque cet endroit ne donne pas
envie de s'enfuir. Le soleil s'engouffre je retourne me blottir. Non il ne
donne pas envie de s'enfuir.



