Dimanche 6 avril 2008 à 21:00

Dimanche 6 avril 2008 à 1:08


Je suis dans le bus. Je regarde dehors en cherchant du regard une activité pour cet après-midi. je vois la montagne il reste de la neige, même plutôt pas mal, en haut de la dent de Crolles. J'imagine bien qu'elle doit souffrir par un temps pareil.
et là je vois les millions de petites choses volantes. Ca me fait penser à maman qui m'a demandé ce que je voulais pour mon anniversaire. Quand je pense au parapente, je vois distinctement deux phases vraiment très différentes. Celle d'avant que la voile ne se referme, et celle d'après que la voile ce soit refermée, ce jour là. Je vois les deux très clairement.
Je me souviens de la première, des impressions que je n'ai plus jamais réussi à éprouver, et de la seconde que je ne quitterai plus jamais. Avant je volais, retenue par quelque chose d'invincible qui me faisait me déplacer lentement dans les airs (un peu comme Summer 78 de Yann Tiersen), je regardais en bas et je pensais "ce que c'est beau, drôle, je n'aurais jamais imaginé que les gens auraient autant de piscines creusées." on pense forcément ça, les premières fois. L'air était plus frais que lorsque je cours, plus fort. tout dans le vol, était naturel, comme si le fait d'enlever la voile, la sellette et les suspentes n'y aurait rien changé, comme si je serais quand même restée accrochée là haut, comme si j'aurais continué à me déplacer ainsi à 700 mètres du sol en admirant les piscines.
avant je ne sentais vraiment rien, je faisais abstraction de tout sauf de cette impression de liberté infinie dans l'espace. puis vint cette fois là, celle où la voile me fit défaut. et l'impression de saut dans le vide qui s'en suit, comme quand on saute d'une falaise dans la mer, l'été et qu'on estime "ya combien là? 10 mètres?". Une chose comme ça qui n'en finit pas, pas le temps d'estimer, la chute, je n'ai pas relevé la tête, j'ai seulement sentis que plus rien, plus rien là haut ne me retenait. puis, l'effet, le même qu'au parc astérix dans le manège aux loopings avec Calou. mais plutôt, infini, je me disais, la seule chose qui me retiendra, ce sera le sol. qui me cassera toute entière. 
j'y ai pensé, des dizaines, des centaines de mètres qui on défilé autour de moi en une immense seconde. je me disais voilà c'est ça, d'avoir l'impression de mourir.
la voile qui se rouvre, le ciel qui me rattrape au dernier moment. Les arbres pas loin des pieds. immobile figée, pleurer dans la sellette, je me suis efforcée de continuer à écouter, les mots dans le talkie-walkie accroché à moi, j'entendais, regarde le sol, regarde les maisons, les jardins, jessica tout va bien maintenant, on a vu, mais tu vas arriver, bientôt là, tu seras par terre, regarde comme c'est beau, ne touche plus aux suspentes, il y a un noeud, sûrement, penche-toi, de toute tes forces à droite, à gauche pour tourner, ne touche plus à rien avec tes mains, regarde ce que c'est beau la ville. et chaque fois que je tournais je pensais retomber, chaque fois que le vent dans la voile, faisait un bruit de combinaison de ski mouillée, je pleurais de peur.
jusqu'au sol, jusqu'à ce que mes pieds s'enfoncent dans l'herbe du terrain d'atterrissage, que je tombe les genoux par terre pour être sûre d'y être enfin pour de bon.
ensuite, les vols suivants, c'est la seconde phase qui ne s'en ira plus jamais, celle où je ne parviens plus à regarder les piscines en vol. ma tête regarde en l'air, si rien ne se plie, rien ne se ferme au-dessus de moi, cherche les noeuds dans les suspentes. je ne retrouve plus rien d'avant, peut-être lorsque je m'oublie, cette sensation de liberté, de tout pouvoir atteindre.

Vendredi 4 avril 2008 à 15:11

                Depuis septembre j'attends de courir. Comme ça, en rond presque, de courir en ovale sur la terre bordeaux, entre les lignes. J'attendais pendant l'escalade, pendant le volley-ball, sur le bulletin il écrivait Jessica ne vient presque jamais. là je suis venue. Pour la course. Quand je cours je sais pas. J'ai l'impression d'être en dehors de mon corps de le regarder courir à côté. Je me concentre vraiment, comme sur un travail. Je me concentre pour chaque foulée. Je calcule mon air. Je sais que je n'en ai pas beaucoup pourtant, et pas la ventoline là. J'y ai pensé à la ventoline, quand j'ai vu le garçon allongé par terre et tous les autres autour. Quand je cours je calle ma respiration avec mes pieds, il faut un petit moment. Je me concentre sur le bruit que font mes pieds. Il dit Jessica tes pieds font trop de bruit tu as sûrement de mauvaises chaussures. Quand je cours je frappe le sol, c'est pas les chaussures c'est moi. Chaque pas, c'est tout mon corps à la fois qui vient frapper par terre. Je suis sereine. Extrêmement sereine. Je prends de l'avance et alors en plus d'être sereine je suis seule. On court moi et mes jambes avec de l'air partout. Mes muscles ne disent rien, ils se contiennent, m'encouragent à continuer. Et alors je ne vois rien qui puisse m'empêcher de poser le pied d'après.

Jeudi 3 avril 2008 à 6:48

Je me dope aux naked version d'Anna Ternheim.
C'est doux, ça te survole sans vraiment t'attraper
et puis d'un coup, bam, un coup dans le bras, dans le ventre.
ça dit rien, et puis les pincettes soudain.
Comme l'été, à l'ombre de la pergola, t'es là, allongé,
t'entends la mouche qui te survole sans vraiment savoir quand
est-ce qu'elle va bien daigner se poser sur toi, ni à quel endroit précis.
Tu sais juste qu'elle va  bien finir par se poser...
et que ce sera sur toi.
J'ai école et ça va bien, j'ai un cadeau dans mon sac,
pas pour moi, un cadeau que je vais offrir, c'est pas mal les journées
qui commencent avec une chose à offrir, dans le sac.
Je vais y faire attention dans le train, y penser en marchant, en m'asseyant
dans le tram, y penser sans arrêt.

Mercredi 2 avril 2008 à 19:02

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