Jeudi 4 juin 2009 à 0:22



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Je l'ai appelé parce que j'avais besoin de pleurer mais également de sa voix,
pour y parvenir. Je trouvais ça trop pathétique de pleurer seule, de ne faire entendre
les sanglots à personne, de pleurer seulement pour écouter et sentir les larmes que
j'aurais produit. J'avais besoin de son public. Sinon rien, sinon c'était seulement cet
énorme mal de gorge comme si un nouveau né allait me sortir par la bouche, en vain.
J'ai toujours un peu mal, il me faut seulement quelques heures pour détricoter tout ce
que mon imagination avait produit et lorsque tout sera blanc je pense que je pourrais
m'endormir pour broder de nouvelles choses. Mais c'est pas si facile de tout effacer et
le plus dur c'est le moment où l'on se rend compte qu'on doit tout effacer, un peu comme
quand les nageurs arrivent au bout de la ligne de nage et qu'ils doivent se résoudre à faire
leur belle pirouette sous l'eau pour repartir dans l'autre sens. Ça ressemble un peu à ça,
je crois, et ça m'a toujours eu l'air super difficile.




Lundi 1er juin 2009 à 22:27


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La première chose que j'ai vu, c'était son entrejambe, totalement déchirée.
Ça peut paraître bête mais c'est vrai, je me disais quelque chose comme
Purée, c'est tellement grave que même son jeans est bon à mettre à la poubelle.
Je devrais attacher moins d'importance à ce genre de choses mais ensuite je me suis dis
qu'il allait se relever, que ce serait comme quand je suis tombée de l'arbre que l'on a ensuite rasé,
qu'il se relèverai, qu'il aurai mal au dos et à la tête, que quelqu'un lui conseillerai d'aller faire des radios.
Mais il ne bougeait plus, en fait. Il essayait d'ouvrir des yeux dont on ne pouvait déjà plus voir la couleur.
Je me suis sentie totalement irrémédiablement seule.
Quelques secondes auparavant j'étais dans ma musique, comme une ado qui trouve tout beau.
Je m'étais dis en sortant de l'agence, que ce serait chouette une petite balade, avec ce soleil.
Je m'étais enfoncée dans les petites rues, là où les magasins de fringues sont assez cheap pour que j'ai le droit
de m'en lasser rapidement.
Et là, en plein milieu d'un morceau j'ai vu la moto. Il était tout jeune, et il a glissé sur des cerises.
C'est fou ça, de glisser sur des cerises, c'est fou que quelqu'un ai posé ces cerises là à cet endroit là,
sans imaginer une seule seconde que. Et c'était déjà fini, j'ai vu droite, gauche, droite, gauche et son corps voler.
Il a atterrit devant mes chaussures, je n'avais rien compris.
J'ai prié pour qu'il bouge et il ne l'a pas fait. J'ai regardé partout en lui disant de ne pas bouger, finalement.
Je me suis dis que sur 365 jours il devait y en avoir 1 seul où j'oubliais mon portable à la maison et que ça tombait aujourd'hui. J'ai hurlé aux immeubles, que quelqu'un ouvre une fenêtre, que quelqu'un appelle.
Je revoyais sa chute et lorsque le sang a fait son chemin sur son tee-shirt jaune, je me suis mise à pleurer.
Après de longues minutes une troupe s'est attroupée, j'essayais d'expliquer, et en partant j'ai entendu le camion des secours.
Là je me demande maintenant si des cerises ont été des tueuses.
Je repense aussi à ses chaussures, elles étaient vraiment râpées.





Lundi 1er juin 2009 à 9:27



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J'ai mal au ventre des jours où il se passe des choses.
J'ai hâte de n'être plus seule ici.
Alexandre est parti hier, maintenant je sais que j'entre dans l'attente.
Je vais être comme je suis dans l'attente, énervante.
Je pars au travail dans peu de temps, je viendrai ici plus souvent.
 


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